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Elle pèse comme un fardeau sur les épaules de l'homme, jusqu'à l’éteindre de l’intérieur et étouffer ses élans créatifs. Elle est capable de ruiner des vies entières et de ralentir l'évolution de tout un peuple, ou d’une nation, sans que son nom ne soit jamais prononcé. Elle est indéniablement la charge la plus lourde qu’un homme puisse porter en lui, mais aussi la plus difficile à déposer, tant elle est inscrite dans ses profondeurs matricielles et la conscience planétaire. Elle est ce poison, lent et silencieux, inodore et incolore, qui ronge l’homme de l'intérieur, le prive de toute volonté personnelle et le maintient dans la tristesse et l'impuissance. Ce poison porte un nom : la culpabilité.
Il existe toutes sortes de situations dans lesquelles un être est amené à vivre une culpabilité : cette douleur sourde et insidieuse, cette dévaluation du moi qui se double d'un sentiment d’impuissance, qui ne lui permet pas de traiter froidement et intelligemment avec une situation donnée. À l’impression d’avoir failli ou de ne pas être à la hauteur, s’ajoute l’incapacité à transformer la situation pour son propre bénéfice.
Être responsable de ses actes ne signifie pas être coupable de ses actes.
Et vivre la conséquence de ses actes n’implique pas d’en souffrir physiquement et psychologiquement ad vitam aeternam. On ne peut changer ce qui a été vécu. Et tout être moindrement conscient peut naturellement regretter un geste ou une parole, sans pour autant nourrir une culpabilité. Or pour que la culpabilité se manifeste, il faut nécessairement que le territoire mental de l’être qui la vit, soit préalablement conditionné et structuré selon un ensemble de conventions qui dictent sa conduite et influencent la manière dont il se perçoit lui-même. Qu’elles soient morales, culturelles, religieuses, spirituelles ou philosophiques, ces conventions ont été érigées afin d’assurer une harmonie et une cohésion sociale au sein d’une communauté, d’un peuple ou d’une nation. Elles déterminent les comportements individuels, ce qu’il convient de dire ou de ne pas dire, de faire ou de ne pas faire, de penser ou de ne pas penser. Elles définissent les notions du bien et du mal, du vrai et du faux, ainsi que toutes les formes qui constituent les assises de la conscience planétaire, fondée sur la polarité. Elles tracent ainsi, dans le mental de l’homme, les limites à ne pas franchir. Toutes ces conventions ont été nécessaires au développement des civilisations. Elles ont parfaitement joué leur rôle durant la période involutive, l’homme n’ayant pas encore dompté son animalité et développé son intelligence. Mais lors de son évolution, l’homme qui s'individualise dans sa conscience sera amené, tôt ou tard, à s’affranchir de toutes les conditions planétaires, liées à la mémoire de la race.
Il devra tôt ou tard faire sauter les bornes qui circonscrivent sa conscience, celle-ci ne pouvant plus être délimitée par qui que ce soit ou quoi ce soit.
La culpabilité est en réalité un piège astral dans lequel tombent les êtres sensibles, émotifs, spirituels, animés de principes, de valeurs morales et de bonnes intentions. Autrement dit, les êtres généreux, qui se soucient des autres avant de se soucier d’eux-mêmes, qui veulent être de "bonnes personnes" et qui cherchent à faire le bien... mais qui craignent aussi de mal faire ou de blesser l’autre. Sans faire l’apologie de l’égoïsme, il faut comprendre que trop d’énergie positive et trop de bons sentiments engendre inévitablement un manque de puissance sur le plan matériel. C'est pourquoi les personnes spirituelles et altruistes se laissent facilement englober et manipuler. Elles ont des difficultés à dire non, à poser des limites et à s’affirmer. Si elles tentent de le faire, elles vont vivre automatiquement une culpabilité et une impuissance. En réalité, elles retiennent constamment le mouvement de leur propre énergie, de crainte de faire des vagues ou de créer des chocs dans leur entourage. Prises dans les conventions sociales et la polarité du bien et du mal, elles souffrent d'un manque de liberté intérieure, d'un manque de volonté et de centricité. Elles n'ont pas accès à leur puissance.
Or ce piège est d’autant plus actif que l’identité communautaire et religieuse est forte. Dans certains pays d’Afrique du Nord par exemple, où l’identité communautaire est très marquée, ne pas se conformer aux conventions familiales ou religieuses, peut conduire au bannissement, voire au châtiment. La culpabilité est donc une charge très puissante qui maintient l’être à l’intérieur d’une conscience polarisée, dans laquelle l’individu n’a pas son mot à dire. Assujetti à la conscience de la race, l’être est pris entre le marteau et l’enclume, entre le bien et du mal, ce qui est correct et de ce qui est incorrect, avec une incapacité à vivre en dehors de ces principes. Il n’est pas libre dans sa conscience. Et pour ne pas souffrir du jugement et du rejet, l’être va naturellement chercher à se conformer aux conventions. Et s’il s’écarte un tant soit peu de la ligne qui lui a été tracée au sol, il va perdre le contact avec lui-même et vivre une culpabilité, avec la peur du jugement, du rejet ou d’un châtiment éventuel. L’être qui ne parvient pas à se conformer, se sent marginalisé, fautif et inconséquent ; il vit donc une dévaluation de son moi. Toutes les pensées parasites qui gravitent autour du noyau de la culpabilité, s’émulsionnent dans son mental : "je ne mérite pas", "je n’y arrive pas", "je ne suis pas une bonne personne", "je ne suis pas à la hauteur", "je suis sans puissance"… L'acidité, comme un poison, monte dans la gorge jusqu’à la nausée.
Coupé de lui-même, l’être s’est retiré de son territoire, avant même d’être rejeté par les siens.
Mais allons plus loin dans notre exploration. La peur du rejet, étroitement liée à la culpabilité, repose de manière plus subtile sur la peur de la solitude. Or être seul signifie être capable de supporter seul le poids de sa propre énergie. Cela signifie être son propre arbitre et seul maître à bord dans sa conscience — c’est ce que l'on pourrait appeler la solitude de l’être centrique. Cela suppose, à un moment donné, d'être capable de détruire toutes les formes et les conventions qui ont été imposées par l’extérieur, d'être capable de décider par soi-même et pour soi-même, et d'être capable d'agir dans son propre intérêt. Non pas dans le sens subjectif et égocentrique du terme, mais dans le sens objectif et centrique du terme, parce que ce qui est intelligent du point de vue de l’esprit, l’est pour tout le monde. Cet éclatement sera donc vécu de manière inévitable par tout être qui s’individualise… mais pas avant que son centre de gravité ne soit suffisamment développé, de sorte qu’il ne puisse plus tomber dans le piège de la culpabilité, ni souffrir du rejet et de la solitude.
La culpabilité enchaîne l’homme à des conventions extérieures auxquelles il doit se conformer. L’individualisation de sa conscience l’amènera tôt ou tard à les faire éclater.
Si la culpabilité est profondément ancrée dans l'homme, c'est aussi parce qu'elle s’enracine dans la conscience collective et la mémoire de l'humanité, à travers le mythe du pécher originel. Dans le récit biblique, Adam et Eve, premiers spécimens humains, auraient succombé à la tentation et goûté au fruit défendu. À partir de cet instant, le pur est devenu impur, engendrant par la même occasion des lignées et des lignées d’êtres impurs. Ce passage du pur à l’impur, présenté comme une dégradation de l’énergie source, va altérer l’image-même de l’être humain, dans son moi profond, et le réduire au rang de simple créature assujetti à son créateur. Cette forme archaïque nourrit ainsi l’idée que l’homme, depuis son origine, est fondamentalement impur, corruptible et sans volonté : l’homme est devenu un pécheur. Et le blâme s’est abattu sur lui pour des siècles et des siècles, les religions et les mouvements sectaires ayant largement contribué à alimenter cette forme psychologique pour mieux asservir les âmes en quête de salut et remplir les confessionnaux. On peut dire que l’humanité est partie avec un sérieux handicap. De nos jours, chaque être humain porte potentiellement en lui le germe de ce que l’on pourrait appeler le mal originel.
La culpabilité est vieille comme le monde… Tant que l’homme ne s'est pas libéré de sa mémoire, tant qu'il n'a pas transformé la culpabilité en volonté pure, l’impuissance en puissance incarnée, il souffre de la culpabilité et de toute sa palette d'émotions lourdes. Aujourd’hui encore, la culpabilité reste un levier de manipulation redoutable, largement utilisé par les gouvernements, certaines organisations, les mouvements sectaires et les différents courants religieux. Sans pécheur, plus besoin de prêtre ni de confessionnal. Sans culpabilité, plus besoin de redouter le châtiment et les flammes de l’enfer. Comprenez-moi bien : mon propos n’est pas ici de glorifier le mal et l’égoïsme, mais plutôt de pointer du doigt les forces invisibles et retardataires qui depuis des siècles, ralentissent l’évolution de l’homme, y compris à travers des formes spirituelles qui n’ont fait que remplacer une servitude par une autre.
La spiritualité n’est toujours pas parvenue à rendre à l’homme sa puissance, son esprit et son intelligence.
Et tant que l’homme n’a pas réalisé la véritable nature de ses geôliers, il croupit depuis des siècles au fond de son cachot astral. Or la loi karmique, qui régit la conscience planétaire assujettie à la mémoire de l’âme, est un mécanisme qui fabrique en continu de la culpabilité et de l’impuissance. Imaginez que vous deviez 1000 € à la banque. L'empreinte magnétique de la dette — ou de la charge astrale associée — est si puissante que bien que vous ayez fini de rembourser cet argent, vous continuez, encore aujourd’hui, à payer des intérêts qui n'ont plus lieu d'être. L'argent est remboursé ; les comptes sont à l’équilibre ; mais malgré cela, vous continuez à vous sentir débiteur, redevable… et coupable. Le mécanisme de la dette alimente donc la culpabilité et vice versa, jusqu'à ce que vous deveniez suffisamment conscient de vous-même et suffisamment intelligent, pour vous libérer de ce piège funeste.
La culpabilité est semblable à un parasite invisible multicellulaire, qui loin de s'affaiblir au fil du temps, aurait traversé les époques pour atteindre un haut niveau de résistance et contaminer la conscience ordinaire. Selon les individus, elle pourra prendre une couleur particulière, avec un sentiment d’échec, de trahison et de déloyauté... ou bien une colère rentrée et un sentiment d'injustice, avec en toile de fond des mémoires de serments, d’engagements non tenus ou de promesses impossibles à honorer. Ceci montre toute la complexité de cette charge qui peut prendre de multiples formes. Par exemple, dans le cas de la déloyauté, la culpabilité représente l'incapacité à honorer ses engagements et à s’affranchir des anciennes conventions et des vieux attachements. Prisonnier de formes extérieures à lui, l’être ne parvient pas à se choisir ; il se fragmente. Il continue de chercher son centre de gravité à l'extérieur de lui, sans réaliser que c’est en lâchant l'autre et en revenant à lui, qu’il va le trouver.
Lorsque la culpabilité est vécue d’un individu envers un autre, on pourrait parler d’une ingérence inconsciente dans les affaires de l'autre, et parfois sous couvert de bienveillance et d’attention envers l'autre. Cette construction est particulièrement présente chez les personnes qui travaillent dans le social, la santé et l'humanitaire. Il arrive en effet que l’être ressente intensément la souffrance de l'autre, sans pouvoir reconnaître en lui sa propre souffrance. Ce phénomène de transfert est relativement pervers, car la culpabilité est bien souvent le lien invisible qui unit le sauveur, la victime et le bourreau. Si l'amour peut unir deux êtres, la culpabilité le peut également, à plus forte raison lorsqu'il s'agit d'une relation karmique. Dans ce cas, se libérer d’une culpabilité karmique peut s’avérer extrêmement difficile et douloureux, car l’être étant prisonnier de sa mémoire et de son émotivité chronique, craint de devoir renoncer à l'amour qu'il est : "si je ne me sens pas coupable, c'est que l’amour n’est pas en moi". La culpabilité est un amour mal compris.
Les repentis sont toujours d'anciens coupables. Sont-ils pour autant guéris de toute culpabilité ? Rien n'est moins sûr... car l'ancien bourreau a vite fait de se muer en sauveur.
À l'échelle karmique, la culpabilité peut donc créer des ravages, l'être continuant de porter une blessure qui n'est pas la sienne, sans qu'il parvienne à épurer son corps de souffrance et à déchirer le voile astral qui occulte sa conscience. Au fil des incarnations, la culpabilité va se gangréner et se ramifier en de multiples variations émotionnelles, tels que la peur, le déni de soi, la dévalorisation, la colère, le sentiment d’injustice et bien sûr l’impuissance. Mais ce qu'il convient avant tout de voir, sous le manteau de la culpabilité, c'est la tristesse. Une tristesse sans fond, qui semble remonter à la nuit des temps, et qui est parfois si cachée qu'elle peut rester invisible même aux yeux de l'être jovial en apparence. En réalité, cette jovialité est un masque, une attitude psychologique de l’ego qui cherche à faire diversion, à conjurer le sort de la culpabilité, et à alléger la charge qui pèse sur ces épaules : "quoi que je fasse, avec la meilleure volonté du monde, je n'y arrive pas. Je ne suis pas à la hauteur. Je suis pris au piège, sans ressources et sans puissance". Une illusion s'est superposée à sa réalité et le piège astral s’est refermé sur lui.
La culpabilité ne peut résoudre ce qui a été vécu. Elle ne fait que perpétrer la charge émotionnelle dans la conscience astrale de l'homme.
Imaginez que vous vous promeniez dans la forêt et qu’en chemin, vous aperceviez un trou béant, comme une fosse creusée dans le sol. L’ayant vu, vous le contournez et poursuivez votre route. Imaginez maintenant que l’on place un tapis de branches et de feuilles pour masquer le trou. Sitôt que vous mettez le pied dedans, vous tombez inévitablement dans la fosse ; vous êtes pris au piège. Une fois au fond, vous ne savez pas comment sortir de la situation ; vous vous sentez sans puissance, sans ressources, sans fondement. Vous vous sentez seul, figé et désespéré. Nous pourrions dire que le tapis de feuilles qui masque le trou, c’est la culpabilité. Vous pouvez ne pas la voir… mais chaque fois que vous mettez le pied dedans sans le savoir, vous tombez immanquablement dans la fosse de l’impuissance. Vous êtes pris dans la glu astrale, avec de l’anxiété, de l’insécurité et l’incapacité d’en sortir. Or lorsqu’un être vit une culpabilité, pour y échapper, il va tenter d’intervenir dans la matière pour corriger le tir… Et plus il s’agite, plus il s’enfonce dans la culpabilité et l’impuissance. Car vouloir réparer, C'EST tomber dans le piège. Se blâmer soi-même, C'EST tomber dans le piège. Craindre les conséquences de ses actes, C'EST tomber dans le piège. Par conséquent, si vous vivez une culpabilité, ne tombez pas dans ce piège astral. Prenez le temps de traverser et d’absorber la charge émotionnelle liée à la situation, sans chercher à réparer ce qui n’a pas besoin de l’être. Autrement dit : ne bougez pas. Et laissez l’énergie faire ce qu’elle a à faire.
Le fait de traverser l’émotion et de simplement laisser agir, sans toucher à quoi que ce soit, permet bien souvent à n’importe quelle situation de s’équilibrer et de s’harmoniser d’elle-même.
Chaque être humain est un monde à part entière, avec une mémoire et une sensibilité particulières, une architecture émotionnelle et une construction mentale spécifiques. Or nous avons vu que la culpabilité pouvait créer de multiples ramifications comme la tristesse, l’indignité, l’impuissance, la crainte du rejet et de la solitude. C’est pourquoi l’épuration du corps émotionnel est une étape incontournable dans le processus de transformation intérieure, et l’écoute des Baumes sonores peut vous y aider. Par exemple :
La souffrance de l'homme est une masse d'énergie astrale, produite par la réflection de la mémoire de l'âme dans son mental et son corps de souffrance. Elle est une trame complexe, un tissu fait de multiples fils entrelacés et de mémoires intriquées, qui forment comme une seconde peau, irritable et réactive. Cette trame doit sa solidité à des fils invisibles qui maintiennent tous les autres fils ensemble. Indétectables et extraordinairement résistants, ils sont la trame dans la trame, la couche sous la couche, la structure de base qui rend le tissu presque impossible à déchirer. La culpabilité est ainsi tissée au cœur de la souffrance de l’homme. Elle est un cancer dont les métastases astrales contaminent son mental, afin qu’il ne puisse jamais entrer dans sa puissance véritable. Car tant que l’homme se sent coupable et indigne, il se cherche et doute de lui. Il est en quête d’une absolution, d’une grâce divine, ou de toute autre forme qui lui permettrait d’alléger son fardeau. En réalité, la culpabilité le prive de la seule volonté — la sienne — qui lui permettrait de briser les barreaux de sa prison astrale et d’entrer dans une puissance pleinement incarnée : la puissance du maître dans sa demeure, qui ne se justifie pas, qui ne se blâme pas, qui décide et assume chacun de ses actes, et qui est capable de se regarder dans le blanc des yeux, sans sourciller. Produit d’une conscience polarisée prise dans l’étau du bien et du mal, la culpabilité a enchaîné l'homme à un ensemble de conventions et de règles, faites de valeurs morales, religieuses, spirituelles et philosophiques, auxquelles il a appris à se conformer. À partir de cet instant, toute action créative, en dehors de ces principes, peut réveiller en lui la culpabilité.
Si ces conventions ont été imposées à l’homme de l’involution, avec les meilleures intentions du monde, ce ne sont pas les meilleures intentions du monde qui le feront entrer dans l’évolution. Ce ne sont pas les meilleures intentions du monde qui le conduiront à son intelligence et sa conscience universelle. Et ce ne sont pas non plus les meilleures intentions du monde qui lui permettront, un jour, de vivre pleinement de sa lumière et de son esprit. La lumière est au-delà de la forme ; elle est anti-ego et anti-convention. Et lorsqu’elle se fraye un chemin dans le mental de l’homme, elle balaye toutes les formes et tous les principes qui lui ont été imposés par le passé. L’homme qui vit de son esprit — et non de sa mémoire — ne saurait vivre une culpabilité à quelque niveau que ce soit.
Libéré de la mémoire de l'âme et des conventions qui conditionnaient l'ego planétaire, l’Homme nouveau n'obéit à personne d'autre qu’à lui-même.
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